Présentation

Héritière des bibliothèques de l’Ifriqiya musulmane, la Bibliothèque nationale de Tunisie fut instituée, durant le règne du Bey Ali Pacha  par le décret du 8 mars 1885, sous le nom de « Bibliothèque française ». Installée au lycée Alaoui, son fonds fut initialement constitué de collections offertes par la Direction de l’Instruction Publique, auxquelles est venue s’ajouter la bibliothèque de Charles Tissot, ancien Consul de France en Tunisie.

La bibliothèque connut son véritable démarrage en 1910 lors de son transfert à Souk Al-Attarine,d’où son appellation de Bibliothèque El-Attarine, et la nomination d’un nouveau conservateur Louis Barbeau.

Sise au cœur de la Médina dans une ancienne caserne des janissaires turcs, à proximité de la grande mosquée al- Zaytūna et des principaux monuments historiques tels la Kasbah, siège des différents ministères,  elle constitue le point de jonction entre la médina et la ville européenne que les français ont bâtie du temps du protectorat.

Des mutations successives

Au lendemain de l’indépendance, en 1956, la Bibliothèque El-Attarine connut plusieurs mutations qui l’ont  promue au rang de bibliothèque nationale. Othman Kaâk fut nommé premier conservateur tunisien de la Bibliothèque.  Il  contribua notamment à l’accroissement des documents en langue arabe et parvint à leur faire atteindre la moitié du fonds alors qu’ils ne représentaient que le sixième.

Suite au décret  présidentiel du 7 septembre 1967, la Bibliothèque a pu  regrouper les manuscrits qui, jusqu’alors, étaient dispersés dans divers mausolées, mosquées et bibliothèques.

C’est en vertu de ce même décret, qu’en 1968, furent conservés, à la bibliothèque nationale, les fonds des bibliothèques al- Abdallya (XVIème siècle) et al- Ahmadya (première moitié du XIXème siècle) qui constituaient jusqu’alors la fameuse bibliothèque de la Grande Mosquée al- Zaytūna.

Les bibliothèques privées du professeur Hassen Hosni Abdelwahab, du cheikh Mohamed Madhour, du cheikh Mohamed Belkhodja, du cheikh Ahmed Mehdi Ennaifar notamment ont également contribué à enrichir le fonds manuscrit de la Bibliothèque.

Après la promulgation du code de la presse en 1975 (Loi n° 1975-32. Journal officiel n° 29 du 28 avril 1975), la BNT est devenue dépositaire de la production intellectuelle tunisienne. Une publication annuelle intitulée « La  Bibliographie Nationale » fait état de cette production.

En 1976, la bibliothèque s’est assignée la tâche de l’attribution de la numérotation internationale normalisée des périodiques (ISSN) puis en 1988, celle des livres (ISBN), ce qui a permis aux publications tunisiennes de s’intégrer dans la dynamique de l’édition internationale.

En 1992, la BNT s’est enrichie du fonds de la bibliothèque Khaldounia créée en 1901 par un groupe d’intellectuels tunisiens, et tous les chercheurs peuvent désormais le consulter et en apprécier la valeur.

Missions

La Bibliothèque Nationale de Tunisie a notamment pour missions de :

–  Collecter le patrimoine éditorial national par la voie du dépôt légal, des achats et des échanges et dons;

–  Conserver et sauvegarder le patrimoine national manuscrit, imprimé, électronique et autres;

–  Traiter le fonds documentaire et le mettre au service des utilisateurs;

–  Assurer des services de conseil et d’orientation en matière de bibliographie et de documentation;

–  Contribuer à la formation et la mise à niveau des professionnels;

–  Réaliser des études bibliographiques et de documentation;

–  Appliquer les législations relatives au patrimoine documentaire et d’œuvrer à leur actualisation;

–  Participer à la promotion de la culture nationale;

–  Arrêter, mettre à jour et développer les normes et standards en vigueur;

–  Etablir des relations de coopération avec les bibliothèques et les institutions similaires au niveau national et international.